Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /2009 16:21

Nous avons eu droit la semaine dernière à trois amendes par la SEC qui méritent qu’on s’y intéresse.

La première est pour General Electric : il s’agit d’une manipulation des règles comptables. Selon les mots de la SEC, « faire plier les règles comptable au-delà du point de rupture ». Depuis un certain temps, les investisseurs se posent des question sur les pratiques comptables de GE , qui consistent « lisser » les résultats par des opérations exceptionnelles. Le résultat de ce « pliage » des règles fut d’augmenter les résultats de GE de $ 780 millions en 2002 et 2003. On y retrouve des techniques de couvertures de risques ou l’ « activation » de ventes de 100 locomotives alors que la vente n’était pas confirmée.  Son amende, $ 50 millions, lui a coûté le quart des $ 200 millions dépenses pour tenter de faire plier…la SEC. C’en est fini de la réputation « immaculée » du conglomérat américain.

La deuxième concerne la Bank of America. L’amende est moins élevée : « seulement » $ 33 millions. Mais elle a eu le malheur d’intéresser le juge qui enquête sur les problèmes de Bank of America et qui a purement et simplement arrêté l’amende et considéré son montant insuffisant. C’est rarissime, et montre combien l’atmosphère a changé. Le Juge fédéral Raskoff demande que des amendes soient imposées aux dirigeants qui ont commis la fraude qui consista a ne pas faire état de la distribution de bonus de $ 3,6 milliards avant la clôture de l’acquisition de Merrill Lynch par la Bank of America. Merrill avait de surcroît reçu $ 45 milliards de support du gouvernement américain.

La troisième concerne Maurice (« Hank ») Greenberg et Howard Smith, respectivement Chairman & CEO et CFO d’AIG, pour avoir exagéré les résultats de la société entre 2000 et 2005 (après quoi, Hank Greenberg fut remercie. Ceci fait suite a une condamnation d’AIG elle-même : rien que cette année elle a paye $ 1.6 milliards pour falsifications comptables. Hank paiera $ 15 millions de sa poche. A la lecture du communique de presse de la SEC, on se rend compte qu’il s’agit de mécanismes très sophistiqués, sciemment construits pour tromper les investisseurs et gonfler les résultats. L’homme qui a précipité la chute d’AIG, Joseph Cassano, vient de recevoir un préavis de la SEC qui augure de poursuites et d’amendes.

Par informer - Publié dans : Non, Non rien n'a changé
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