Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /2009 13:04

Le G20 n’a rien changé et ne changera rien aux fondamentaux du capitalisme: les américains ne veulent rien changé, une bonne excuse pour faire de même en Europe.

 

Les Etats-Unis refusent de limiter les rémunérations des banquiers

Premièrement, les Américains pensent sincèrement que le système est sain et qu'il permet d'attirer et de garder les meilleurs éléments : ce schéma de rémunération a effectivement fonctionné pendant longtemps et a permis d'amasser beaucoup d'argent. La crise a aussi permis d’en perdre beaucoup mais cela échappe aux américains, mais elle n'a pas vraiment ébranlé cette conviction car, de toute façon, la mentalité américaine repose sur l'idée que tout le monde doit pouvoir gagner autant d'argent qu'il le peut. Mais comme le gâteau ne peut grossir à l’infini, cela reste une utopie capitaliste et signifie que pour chaque euro qu’une personne a en plus de ses besoins, quelqu’un a un euro de moins que ses besoins.

 

Deuxièmement, limiter les bonus reviendrait à s'immiscer dans le détail des contrats de droit privé. Ce n'est pas envisageable aux Etats-Unis, où toute ingérence sera perçue comme totalitaire. Comme si la dictature de l’argent sur l’homme, responsable de plus de 40 millions de morts par an n’était pas totalitaire. Comme si créer une guerre de toute pièce, pour relancer les industries de l’armement et du pétrole n’était pas totalitaire. Comme si détruire la planète, détruire les modes de vie de nombreuses populations, provoquer des exodes climatiques, ravager l’Amazonie, utiliser des terres cultivables pour produire des carburants  ou des céréales pour nourrir la viande dont nous nous gavons, alors que les habitants des pays où se trouvent ces cultures n’ont pas de quoi se nourrir, n’avait rien de totalitaire. Le capitalisme est la dictature qui aura tué et déporté le plus d’humains.

 

Troisièmement, les autorités financières américaines, que ce soit le Trésor, la Réserve fédérale ou la SEC [l'équivalent américain de l'Autorité des marchés financiers, ndlr] sont très proches des milieux bancaires. N'oublions pas que le précédent secrétaire au Trésor américain, Henry Paulson, est un ancien dirigeant de Goldman Sachs. En outre, la vie politique américaine est très largement financée par le secteur privé, et notamment par les banques.

 

Partant de la les banques européennes disent qu’on ne peut légiférer sur les bonus car tous les traders partiraient aux Etats-Unis…

Sans commentaire. Si, un : bon débarras !

 

Aussi, j’invite tous les clients des banques à prendre conscience que c’est eux qui paient les bonus des traders et à choisir des banques éthiques comme la nef.


Ce billet a été écrit en commentant un article du monde dont j'ai repris une bonne partie:
http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/09/07/bonus-aux-etats-unis-toute-ingerence-sera-percue-comme-totalitaire_1237092_1101386.html#ens_id=1198047

Par informer - Publié dans : Non, Non rien n'a changé
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Retour à l'accueil

Recherche

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés