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B) F LES CLIMATOSCEPTIQUES SONT-ILS FIABLES? (suite)
1) Le cas Allègre (suite)
D) Les Allègreries
"Comment a t-on pu se mobiliser autour d’un modèle informatique prédisant un réchauffement climatique de 2°C en un siècle – la belle affaire"
Un modèle? Il en existe 23
2°C? Le Giec en prévoit de 1 à 6 selon l'activité économique les forçages naturels et les forçages anthropiques. Pour compléter l'info la différence de température entre une ère glaciaire et une ère interglaciaire est de 4 à 7°C et nous sommes déjà dans une ère interglaciaire (où plutôt nous étions mais la température continue de monter alors qu'elle devrait descendre). Une clopinette ces 1 à 6°C!!!
"La Terre serait menacée par un réchauffement climatique – une espèce de canicule généralisée qui, demain, détruirait la planète".
Quelqu'un a dit ça? Qui?
Le Giec parle juste d'une montée des températures globales, d'une accélération du rythme des phénomènes climatiques, d'une montée du niveau des océans, d'une sécheresse largement amplifiée dans les pays qui en souffre déjà. De là découleraient des conditions de vie difficile pour les humains, en particuliers les plus pauvres et une forte réduction de la biodiversité, mais la planète terre elle sera toujours là, gravement modifiée pour ceux qui y vivent.
"Depuis trois hivers on patauge dans la glace"
FAUX: pour l'hiver 2007-2008, la France a connu un hiver exceptionnellement ensoleillé, particulièrement sec et relativement doux. Des conditions anticycloniques ont prédominé en décembre et février tandis que le pays a été généralement soumis à une circulation d'ouest plus perturbée en janvier. L'ensoleillement des mois de décembre et février a été remarquable. Sur l'ensemble de l'hiver, le bilan pluviométrique est déficitaire sur la grande majorité des régions, tout particulièrement sur l'Auvergne, les Pyrénées et la bordure méditerranéenne.
On ne mesure pas le climat sur trois ans mais sur plusieurs siècles.
Une courbe globalement montante, peut décroitre sur de petites portions, ce qui ne permet pas d'en tirer la conclusion qu'elle est descendante. Inquiétant que le meilleur scientifique du monde ignore cela. En effet l'hiver 2009-2010 n'est pas parmi les 25 hivers les plus froids depuis 1900!
On ne mesure pas le climat à l'échelle de la France, mais à l'échelle de la planète: si l'hiver 2009-2010 a été froid, en France, il a été terriblement chaud au Québec en particulier et au Canada en général, d'où le transport de neige par camion pour les JO.
On ne mesure pas le climat sur une saison mais sur des années entières: En effet, l'hiver a peut-être été froid, mais l'automne 2009 est le deuxième le plus chaud depuis 1900.
Sources: http://www.meteo-paris.com/actualite.html
http://france.meteofrance.com/france/actu/bilan/archives/2008/hiver?page_id=10282
"Les dégagements de CO2 qui acidifient l’océan et pourraient à terme perturber le climat me préoccupent. Cela dit, je crois, en l’état, que, aux teneurs actuelles, l’influence majeure du CO2 sur le climat n’est pas démontrée, et qu’elle est même douteuse…"
Ah! Enfin il reconnaît que le Co2 pourrait réchauffer l'atmosphère. Une contradiction de plus! Malheureusement monsieur Allègre, le Co2 n'est pas le seul réchauffeur anthropique, il y en a beaucoup d'autres, dont le méthane est 25 fois plus puissant. Si ce n'est les gaz à effet de serre anthropiques monsieur Allègre qu'est-ce? L'activité solaire est en régression, le rayonnement cosmique augmente ce qui devrait générer beaucoup de nuages, l'activité géomagnétique baisse et pourtant la température continue à monter. Avez-vous une explication monsieur Allègre?
"Je suis convaincu que d’ici 5 ans toutes les prédictions climatiques fondées sur les modèles informatiques apparaîtront comme fausses".
Les modèles climatiques ne font aucune prédiction contrairement à Claude Allègre, qui a surement des liens de parenté avec madame Soleil, ils font des simulations en fonction des forçages naturels et anthropiques qu'ont leur rentre. La modélisation climatique ne donne pas de prévision à court terme, mais les conséquences à long terme de tel ou tel forçage. Pour que les prévisions climatiques à 5 ans des modèles soient fausses, il faudrait qu'elles existent.
"Elle est malhonnête parce qu’elle a cherché à faire peur – et elle y est parvenue – en extrapolant de façon non scientifique des prévisions dites « scientifiques »".
Les scientifiques ne font aucune extrapolation. Une extrapolation consisterait à prolonger les courbes connues. Ce n'est pas ce que font les climatologues, ils cherchent à comprendre les processus, établissent des équations en conséquence et les modèles utilisent ces équations.
"Si les îles du Pacifique s'enfoncent un tout petit peu, ce n'est pas que le niveau de l'océan les submerge, il monte de 2 mm par an, c'est à cause du phénomène bien connu des guyots que nous analyserons. J'ai moi même enseigné cela pendant trente ans"
Monsieur Allègre n'employez pas de mots savants à tort et à travers pour noyer le lecteur sans en comprendre la signification. Vous ne parlez pas de guyots mais d'atolls. A trop vouloir étaler votre science, elle vous tache le pantalon. Un guyot est un relief sous-marin d'origine volcanique situé en principe entre 1000 et 2000 m de profondeur et submergé par les eaux à postériori de sa création (c'est l'eau qui monte et pas le volcan qui s'enfonce). Je ne pense pas qu'un guyot risque de s'enfoncer vu qu'il est déjà au fond de l'eau. Le phénomène d'enfoncement dont vous parlez s'appelle la subsidence (moi aussi je peux utiliser des mots scientifiques, mais sans me tromper).
La montée des océans depuis 1993 mesurée par satellite est de 3,3mm/an, la subsidence est 10 à 100 fois plus faible selon les atolls. C'est vous qui vous enfoncez monsieur Allègre. Vous avez enseigné cette idiotie pendant 30 ans? J'espère que vos élèves ont eu la curiosité d'ouvrir un dictionnaire. Et vous êtes géochimiste? Ca fait peur.
"On a délibéré à Copenhague sur un éventuel réchauffement de la planète de 2°C alors qu’une tempête de neige s’abattait sur l’Europe et les Etats-Unis et qu’en bien des régions il faisait soudain un froid polaire."
Vous le dites vous même monsieur Allègre: une tempête, nommé Xinthia en Europe et Snowmageddon aux Etats-Unis.
Combien de fois faudra t-il vous le répéter?
- un événement climatique ponctuel n'a rien à voir avec une tendance.
- L'hiver 2009-2010 en France, n'est pas dans les 25 hivers les plus froids depuis 1900
- L'automne 2009 en France a été le deuxième le plus chaud depuis 1900
- 2009 est la deuxième année la plus chaude depuis 150 ans (au niveau mondial).
- Polaire? L'hiver 2009-2010 en France, était 1,2° sous les normales saisonnières, malgré la couverture de votre livre monsieur Allègre vous ne semblez jamais être allé dans les pôles (-40°C et même -68 au pôle sud).
- L'hiver 2009-2010 a été très doux au Canada (+4°C au dessus des normales),
- L'été austral a été particulièrement torride.
- Au niveau mondial on enregistre une période décembre 2009 – février 2010, 0,57°C au-dessus des normales, ce qui classe cette période dans les 5 plus chaudes jamais enregistrées.
La carte ci-dessous démontre que les zones où les températures étaient en dessous des normales sont bien moins étendues que celles où les températures étaient au-dessus des normales (1971-2000).
http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2327_hiver_2009-2010_froid_France_doux_monde.php
"Depuis 10 ans – et pas seulement ces derniers mois – le climat ne donne guère raison aux prévisions alarmistes des experts du GIEC. L’hiver 2008-2009 a été comme le précédent froid en France, au Canada, en Sibérie."
On le démontre quelques lignes plus haut l'hiver 2007-2008 a été exceptionnellement chaud en France. La décennie 1999-2008 a été plus chaude que la précédente, elle même plus chaude que celle qui l'a précédée. Monsieur Allègre ne l'ignore pas, donc il ment. Pourquoi mentir quand on a raison les preuves devraient suffire, mais on les attend toujours.
"Même si on ne prend en compte que les indices fournis par les climatologues officiels, la situation n’évolue donc pas comme certains s’obstinent à le dire. La température moyenne de l’océan n’augmente pas depuis 2003."
Eh, Cendrillon! Quand on se réveille d'un long sommeil, il faut regarder autour de soi avant d'écrire un livre, sinon on risque de s'émerveiller devant la machine à vapeur de Denis Papin.
On sait depuis 2006 que les sondes XBT donnaient de fausses informations, elles étaient reliées à des bateaux via un fil de cuivre qui remontait les informations, jusqu'à ce que ce dernier se rompe. Les données n'étaient donc pas géostationnaires et dépendaient des itinéraires des navires!!! Depuis 1990, on utilise des sondes Argo. Elles plongent à 2000m puis remontent et prennent régulièrement, la température et la salinité, arrivées à la surface elles transmettent leurs données à un satellite. Malgré cela des mesures satellites et marégraphiques ont montré que les sondes XBT (les premières utilisées) avaient tendance à surestimer la température et les sondes Argo à la sous-estimer. De plus, les sondes n'étaient pas réparties de façon homogène sur la surface du globe ce qui a obligé les scientifiques à extrapoler. Vous voyez monsieur Allègre, c'est quand on perçoit un refroidissement qu'on extrapole, pas quand on perçoit le réchauffement. Depuis le nombre de sondes a été multiplié par 5, et deux programmes satallitaires "Grâce" (mesure du champ gravitationnel terrestre) et "Jason" (altimétrie océanique) ont été lancé.
Evolution du nombre de sondes:
résultat:
Source: http://www.ncdc.noaa.gov/oa/climate/research/2008/ann/bams/chapter3-french.pdf
STT: sea surface temperature : température de surface des océans
Toutes les anomalies sont définies par rapport à la climatologie 1971-2000
J'ai du mal à discerner la baisse de température moyenne de surface globale après 2003!
Les esprits taquins me répondront : peut-être mais il y en a une après 2006.
Et comme je suis encore plus taquin je répondrai: comme après 1998, 1988, 1982, 1973, 1969, 1963 bref comme après chaque apparition d'El Niño, phénomène connu depuis 1920. On se réveille!
"Depuis 10 ans, la température moyenne du globe a désormais tendance à décroître."
Tiens! Monsieur Allègre ne dit plus que les températures moyennes globales n'ont aucun sens?
Depuis 4 décennies, les températures décennales sont systématiquement plus chaudes que celles de la décennie précédente. 1999-2008 est la décennie la plus chaude depuis 1850.
"Il faut que le GIEC se décide à tenir compte des faits observés et si les modèles ne « collent » pas avec la réalité, le GIEC doit avoir l’honnêteté de l’admettre."
Il faut que Claude Allègre se décide à tenir compte des faits observés et si ses prévisions astrologiques ne « collent » pas avec la réalité, Claude Allègre doit avoir l’honnêteté de l’admettre.
"Fondamentalement, je crois que le climat est imprédictible. Il faut l’observer, l’extrapoler un peu, s’adapter progressivement."
Tiens, plus haut, il nous dit
qu'il ne faut pas extrapoler! Maintenant, il dit qu'il faut! Nous avons déjà dit que personne ne prétend prévoir le climat mais le modéliser en fonction des divers forçages existants. Prévoir le
climat signifierait être capable de prévoir les forçages à un instant T personne n'en est capable et personne ne le prétend, sauf Claude Allègre lorsqu'il se livre lui même avec certitude à des
prévisions qu'il dit impossibles.
"Attention aux déductions que certains font à partir de ce constat, compte tenu des faibles teneurs en CO2 dans l’atmosphère terrestre."
Il est mensonger de faire croire que, parce que les concentrations de CO2 sont faibles, l’effet radiatif du CO2 l’est également. La figure ci-contre montre justement l’impact important des différents facteurs anthropiques (IPCC AR4, chapitre 2).
"L’augmentation de température dans l’hémisphère nord entre 1970 et 2000 est peut être due à l’élimination des poussières de charbon dans l’atmosphère, ce qui a facilité l’ensoleillement. L’augmentation n’aurait donc rien à voir avec le CO2."
La citation de Law et Stohl déforme complètement leurs propos, résumés dans leur abstract. Leur étude montre que le dépôt de poussières sur les surfaces enneigées et englacées de l’Arctique peut réduire leur albédo ce qui pourrait augmenter le réchauffement dans cette région.
"Au cours des temps géologiques, les teneurs en CO2 de l’atmosphère ont varié: elles ont été beaucoup plus importantes au crétacé (il y a 100 millions d’années) qu’aujourd’hui et depuis ces teneurs ont décru. Il y a donc bien un mécanisme naturel qui régule les teneurs en CO2 dans l’atmosphère. S’agit-il des plantes vertes ? Est-ce l’océan ? Comme le dit l’excellent journaliste météo Laurent Cabrol, « et si la nature s’en sortait toute seule » ?"
Il est étonnant qu’un géochimiste comme Claude Allègre oublie de mentionner l’altération des silicates qui est un processus clé du cycle du carbone à l’échelle géologique d’autant plus que ce phénomène a été découvert par le Français J.J Ebelmen au 19e siècle. Pour l’échelle de temps des siècles à venir, la durée de vie de l’excès de CO2 dans l’atmosphère sera très longue du fait de la lenteur de l’incorporation dans les puits de carbone terrestres et océaniques (voir les articles de D. Archer, par ex Fate of CO2 in geologic time, JGR, 2005).
"A Kyoto, on proposait de réduire les émissions de CO2. Résultat : elles ont augmenté de 50%."
C’est faux. Le protocole de Kyoto ne demandait de réduction des émissions de CO2 qu’aux pays développés.
"Les spécialistes du climat ont affirmé que le CO2 aux teneurs actuelles avait un effet majeur sur le climat et que son augmentation allait entraîner à coup sûr des catastrophes irréparables pour l’humanité. Avec des scénarios purement imaginaires faits d’accumulations de désastres, ils ont fait croire que c’était la priorité première, et qu’il fallait s’en occuper de toute urgence. Ils ont propagé la peur, la pire chose pour une société." Le troisième document s’intitule « recommandations pour les décideurs ». Ce document de 30 pages est celui que tout le monde lit. Il est à chaque page affirmatif, tranchant, catégorique.
Voici les propos du Giec dans le document pour décideurs, celui qui emploie les termes les plus simples et est le plus repris par les médias grand public:
"À lui seul, le forçage total produit par l’activité volcanique et les fluctuations du rayonnement solaire depuis cinquante ans aurait probablement dû refroidir le climat. Seuls les modèles qui tiennent compte des forçages anthropiques parviennent à simuler les configurations du réchauffement observées et leurs variations. Il reste difficile de simuler et d’imputer l’évolution des températures aux échelles sous-continentales. {2.4}
Grâce aux progrès accomplis depuis le troisième Rapport d’évaluation, il est possible de déceler l’incidence des activités humaines sur différents aspects du climat, outre la température moyenne. {2.4}
Les activités humaines ont : {2.4}
• très probablement contribué à l’élévation du niveau de la mer au cours de la deuxième moitié du XXe siècle ;
• probablement concouru au changement de la configuration des vents, qui a modifié la trajectoire des tempêtes extratropicales et le régime des températures ;
• probablement entraîné une élévation de la température des nuits extrêmement chaudes et froides et des journées extrêmement froides ;
• sans doute accru les risques de vagues de chaleur, la progression de la sécheresse depuis les années 1970 et la fréquence des épisodes de fortes précipitations.
Il est probable que le réchauffement anthropique survenu depuis trente ans a joué un rôle notable à l’échelle du globe dans l’évolution observée de nombreux systèmes physiques et biologiques. {2.4}
Il est très improbable que la variabilité naturelle puisse expliquer à elle seule l’adéquation spatiale entre les régions du globe qui se réchauffent sensiblement et celles où les perturbations importantes de nombreux systèmes concordent avec une hausse des températures. Plusieurs études de modélisation ont établi des liens entre la réponse de certains systèmes physiques et biologiques et le réchauffement anthropique. {2.4}
Il est impossible d’imputer totalement la réaction observée des systèmes naturels au réchauffement anthropique en raison de la durée insuffisante de la plupart des études d’impact, de la variabilité naturelle accrue du climat à l’échelle régionale, de l’intervention de facteurs non climatiques et de la couverture spatiale limitée des études réalisées.
Vu les politiques d’atténuation et les pratiques de développement durable déjà en place, les émissions mondiales de GES continueront d’augmenter au cours des prochaines décennies (large concordance, degré élevé d’évidence). {3.1}
Selon le Rapport spécial du GIEC sur les scénarios d’émissions (SRES, 2000), les émissions mondiales de GES (en équivalent-CO2) augmenteront de 25 à 90 % entre 2000 et 2030 (figure RiD.5), les combustibles fossiles gardant une place prépondérante parmi les sources d’énergie jusqu’en 2030 et au-delà. On obtient des fourchettes comparables avec les scénarios plus récents qui ne prévoient pas de mesures additionnelles de réduction des émissions.
La poursuite des émissions de GES au rythme actuel ou à un rythme plus élevé devrait accentuer le réchauffement et modifier profondément le système climatique au XXIe siècle. Il est très probable que ces changements seront plus importants que ceux observés pendant le XXe siècle."
Ce sont ces suppositions qui permettent aux modélisations, de rendre des scénarii, qui sont présentés comme tels.
On notera le 25 à 90%! Mais bien sûr monsieur Allègre seul le scénario catastrophe est évoqué!
En effet tout cela est très affirmatif, ce n'est bien sûr pas le cas de Claude Allègre!!!
D'ailleurs monsieur Allègre, en parlant d'autoritarisme et de refus de débat pourquoi donc Edouard Brézin, ancien Président de l'Académie des sciences a t-il affirmé que si le débat sur le réchauffement climatique n'a pas été organisé plus tôt, c'était en raison de la résistance opposé «d’un petit groupe réuni autour de Claude Allègre et de Vincent Courtillot.»??????
"Seul 1/3 du CO2 dégagé par l’homme se retrouve dans l’atmosphère. On pense que les 2/3 restants sont absorbés par les plantes vertes –lors de l’activité de photosynthèse – et par l’océan."
Faux. Entre 2000 et 2008, 45% des émissions sont restées dans l’atmosphère (Le Quéré et al Nat
Geosciences 2009, Canadell et al 2007 PNAS), 29% ont été absorbées par la végétation et les sols, et 26% par l’océan. Sur la période 1980‐1999, l’absorption océanique était estimée à 32 % (Sabine et al. 2004 Science). Or l'absorption océanique provoque l'acidification des océans qui réduit le phytoplancton qui est lui même un puits de carbone.
"Lors de la découverte du Groenland par Eric le Rouge, cette terre était verte (d’où le nom de Groenland)."
Faux: Ni le nom d’Islande (terre de glace) ni celui de Groenland ne décrivent la réalité. Les sagas islandaises rapportent qu’Erik le Rouge a choisi volontairement ce nom pour attirer de nouveaux colons.
La végétation du sud Groenland était identique à l’époque médiévale et aujourd’hui (travaux d’Emilie Gauthier à Besançon en cours sur les séquences palynologiques lacustres).
Il existe un grand nombre de carottes de glace au Groenland qui témoignent directement de la présence d’une calotte très largement comparable à la calotte actuelle (voir par ex Vinther et al QSR 2010 ou Vinther et al Nature 2009).
Les travaux de Kaufman et al Nature 2009 pointent un réchauffement actuel exceptionnel dans l’Arctique, dans le contexte des derniers 2000 ans.
Enfin, si l’inlandsis du Groenland avait fondu il y a 1000 ans, le niveau des mers aurait monté de plusieurs mètres, et c’est impossible (les données excluent plus de 25 cm de variations) (voir Sivan et al 2004 ou Milne et al 2009 Nat Geosc, Lambeck & Bard 2000 EPSL, Grinsted et al. 2009 Clim. Dyn.).
" Deux commissions de statisticiens ont été nommées pour examiner la polémique...
Toutes deux ont conclu que Mc Intyre et Mc Kitrick avaient raison et que la technique de Mann souffrait de nombreuses erreurs."
Le rapport Wegman a été très critiqué par la communauté scientifique en particulier pour son manque d'experts en paléoclimatologie. La paléoclimatologie est justement la discipline qui permet de construire la courbe de Mann!!!!
Les conclusions du rapport de l’Académie des Sciences américaine http://www.nap.edu/catalog.php?record_id=11676#toc sont plus nuancées. Le rapport note certains problèmes statistiques dans l’analyse de Mann mais conclut que leurs effets sont mineurs. (0,05°C d'erreur maximum)
La courbe de Mann a fait l'objet de très nombreuses reconstructions depuis la polémique, par d'autres scientifiques, Mann l'a lui même corrigée. En comparant la toute première courbe de Mann et la dernière reconstruction, on s'aperçoit aisément que les erreurs n'avaient aucune influence sur les conclusions qu'on pouvait tirer de cette courbe.
"Le GIEC s’est pendant un temps accroché à la courbe en crosse de Hockey pour l’abandonner lors de son dernier rapport." C’était la courbe fétiche. Elle est aujourd’hui jugée fausse."
Faux. Les données de Mann et al figurent dans le chapitre 6 IPCC AR4.
Malgré les erreurs méthodologiques, les conclusions issues du travail de Mann sont confirmées par les études postérieures (IPCC AR4, chap 6).
"S’il faut extraire un résultat simple de ce travail c’est quand l’an 1000 et 3 ou 4 fois depuis il faisait plus chaud qu’aujourd’hui."
Peut être correct pour le nord de la Scandinavie mais faux globalement. Voir par ex IPCC AR4 chapitre 6, Mann et al 2009, travaux de Kim Cobb sur les coraux du Pacifique, Kaufmann et al 2009 ou Goosse et al 2006 (déphasage en Antarctique).
"Les jeunes anneaux sont plus épais que les vieux. Si on ne tient pas compte de cet effet, on surestime les températures récentes puisque c’est l’épaisseur qui est liée à la température."
Réveil Cendrillon! Cela fait plus de 20 ans que les spécialistes de dendroclimatologie connaissent les différences entre les paramètres de densité et d’épaisseur notamment au cours du vieillissement d’un arbre (par ex. Briffa et al. 1990 Nature, Briffa et al. 1992 Clim. Dyn.).
"Hansen le fanatique sans non plus communiquer ses sources cautionne immédiatement la courbe de Jones."
Faux, les données utilisées par le GISS sont accessibles depuis longtemps :
http://data.giss.nasa.gov/gistemp/station_data/
"En tout cas je note que mes critiques ont trouvé quelque écho ou même ont été partagées puisque dans le rapport 2007 du GIEC on n’évoque plus des courbes d’augmentation des températures moyennes depuis le 19ème siècle. Il est seulement question d’une augmentation de température entre 1970 et 2000."
Claude Allègre a t-il inventée une nouvelle maladie: l'autisme narcissique?
Voir la figure ci-contre (AR4 WG1 chapter 3 figure 3.1).
"Rien dans les observations ne permet de lier températures et augmentation des teneurs dans l’atmosphère en CO2."
Rien sauf la structure verticale des changements de température (réchauffement basses couches, refroidissement hautes couches) en adéquation avec l’impact théorique d’une augmentation de l’effet de serre.
"Al Gore a été condamné par la Haute cour de Londres et le juge Burton pour diffusion de fausses preuves scientifiques… identifiant 9 erreurs."
Le juge pour se prononcer a utilisé le 4ème rapport du Giec et les erreurs pour lesquelles Al Gore a été condamné sont justement les différences entre ses propos et ceux du GIEC…
"Au crétacé… il faisait en moyenne 15 °C de plus qu’aujourd’hui."
A l’échelle géologique, il ne fait aucun doute qu’il faisait globalement plus chaud au Crétacé. Les estimations des teneurs en CO2 atmosphérique montrent sans le moindre doute des teneurs plus élevées.
" Le CO2, c’est la source de vie."
Monsieur Allègre utilise ici le slogan d'une publicité pour un lobby américain financé par les compagnies pétrolières et celles du tabac.
"Eliminer totalement le CO2 de l’atmosphère reviendrait à décimer toute la vie sur la planète."
Le Giec parle de limiter le Co2 entre 450 et 500 PPM, pas à le supprimer.
Comment Allègre-Trouvetout compte t-il s'y prendre pour supprimer tout le Co2 de l'atmosphère?
"C’est pourtant grâce à la vapeur d’eau et à elle seule que la température moyenne à la surface terrestre est de 15°C et pas de -18°C"
Et à elle seule, voilà qui n'est pas catégorique du tout! Faux. La vapeur d’eau n’est pas seule responsable de l’effet de serre dit « naturel ». Mais de 36 à 72%. Le CO2 joue pour 9 à 26% (non négligeable).
"Ces vents vont transporter de la vapeur d’eau à travers le monde, et certains vont rencontrer la grande bande est ouest des déserts qui bien sûr pompent l’humidité, sans qu’on sache exactement l’effet quantitatif exercé par ces déserts."
Passionnant, les déserts pompent l'eau des masses nuageuses et sont secs!!!
En fait, cher monsieur Allègre même si cette allégation stupide était vraie, voici un scoop: les déserts étaient déjà là en 1850!!!
" … les nuages blancs d’altitude qui réfléchissent directement les rayons du soleil, donc qui ont tendance à refroidir l’atmosphère en jouant le rôle de parasol. Et … les nuages noirs de basse altitude qui eux sont des agents de réchauffement car ils absorbent les rayonnements infra rouges émis par le sol."
Essayez encore monsieur Allègre, c'est juste l'inverse! Vous aviez une chance sur deux.
Les nuages fins d’altitudes (type cirrus) ont plutôt tendance à être transparents au rayonnement solaire mais efficaces en termes d'effet de serre. Les nuages apparaissant sombres sont à l’inverse ceux qui réfléchissent le plus les rayons solaires.
http://earthobservatory.nasa.gov/Features/Clouds/
"Lorsque le CO2 a joué un rôle à l’échelle géologique, il était 100 à 1000 fois plus abondant dans l’atmosphère qu’aujourd’hui."
Faux! Pour reconstituer le climat du Pliocène (5,32 à 1,77 millions d'années), une nouvelle méthode, basée sur les données polliniques, a été mise au point. Les résultats obtenus montrent qu'un gradient climatique latitudinal, pour les températures et les précipitations, existait déjà à cette époque et que le climat était chaud et humide dans la région nord-ouest méditerranéenne (1 à 4°C et 400 à 700 mm de plus qu'aujourd'hui), mais chaud et sec dans la région sud-ouest méditerranéenne (0 à 5°C de plus et aussi sec ou plus sec qu'actuellement). Un tel climat pourrait correspondre au futur climat à venir, compte tenu de l'intensification de l'effet de serre. Le taux de carbone était comparable à celui d'aujourd'hui.
Un taux de carbone de 40 000 à 400 000 PPM est une affabulation.
Pour info multiplier le taux de carbone par 300 suffirait à supprimer toute vie sur terre.
"Toute une série d’observations historiques depuis le début du siècle montrent une corrélation entre activité solaire et température."
Ce n'est plus vrai depuis 1950!
"Ces auteurs pensent que les rayons cosmiques, à travers des processus complexes, favorisent la formation (ou non) des nuages de la basse atmosphère."
Il est vrai que des auteurs le pensent, cependant, depuis dix ans l'activité magnétique solaire est au point mort, et les rayons cosmiques ne sont plus déviés, la température devrait donc baisser, mais c'est l'inverse qui se produit.
"On minimise son rôle [de l'océan] dans les « modèles »"
Faux. Les modèles de climat intègrent la représentation de la circulation tri dimensionnelle de l’océan, mais également des processus biologiques, chimiques et sédimentaires qui interviennent dans le cycle du carbone.
"Lindzen : sa compétence est unanimement reconnue"
Par qui? Un commentaire de l’article de Lindzen et Choi GRL 2009 a été publié en 2010 (Trenberth et al GRL 2010) démontrant des erreurs sur les données et sur les méthodes mises en œuvre ! Où est l’exigence de rigueur scientifique ?
"D’autres scientifiques, qui avaient bien réussi dans leur discipline, se sont intéressés, eux aussi, au problème du climat, attirés par tout ce bruit médiatique. Et tous sans exception –j’insiste sur ce mot ont dit leurs doutes devant les conclusions du GIEC."
Ah bon? Qu'ont-ils publié? Où? Dans leur discipline? Désolé mais je ne ferai pas soigner mes dents par le meilleur rhumatologue du monde, chacun doit rester dans sa discipline, vous en êtes la preuve.
"Bulletin de la Société Météorologique américaine : 50% d’entre eux ne croient pas à l’influence de l’homme sur le climat…"
Ah? Ceux-là? En fait monsieur Allègre, les personnes ayant répondu à ce sondage sont les présentateurs météo des télévisions américaines.
"L’argent des chercheurs en climatologie qui, mine de rien, ont orienté en dix ans plus de 20 milliards d’euros vers leurs organismes et laboratoires."
Faux! L'erreur est de facteur 10
En France, le budget « océan atmosphère » INSU‐CNES est de l’ordre de 260 millions d’euros par an (dont environ 10 pour le calcul de modélisation du climat).
"Le zooplancton, qui va créer des coquilles calcaires, donc de nouvelles absorptions de CO2 transformé en carbonate de calcium"
C’est le contraire. La précipitation de carbonate induit un relargage de CO2 de l'océan vers l'atmosphère à cause de la baisse d'alcalinité et du déplacement des équilibres acido‐basiques. Aux échelles millénaires, cet effet de la précipitation calcaire sur l'augmentation de la pCO2 atmosphérique est appelée la "coral‐reef hypothesis" utilisée en 1982 par Wolf Berger pour expliquer (en partie) les déglaciations (en fait la notion avait déjà été introduite par T.C. Chamberlin en 1899 J. Geol.). Le pompage du CO2 atmosphérique est lié à la synthèse de la matière organique et sa séquestration dans l'océan profond et les sédiments (pour refaire du kérogène puis du pétrole, mais c'est très long...).
"Supposez que par un mécanisme de pompage du CO2, son niveau descende en dessous du seuil qui ferait diminuer la production agricole et provoquerait pendant un certain temps des famines…"
Si le captage du Co2 est si dangereux, pourquoi par ailleurs, monsieur Allègre en est l'un des plus fervents partisans.
Vu que 46% des rejets anthropiques de CO2 s’accumulent dans l’atmosphère actuellement, et donc les limitations des puits de carbone « naturels » océan et atmosphère, imaginer qu’à l’aide du génie génétique on puisse stimuler les puits de carbone au point de faire descendre le niveau de CO2 dans l’atmosphère semble extrêmement improbable.
"D'abord, il faut savoir que, compressé, le CO2 supercritique est plus lourd que l'eau, au point que certains envisagent de stocker le CO2 dans les fonds océaniques. "
Erreur qu'un étudiant en première année de géochimie ne ferait pas:
Le point critique du CO2 est à 31° et 75 bar. Donc même au delà de 750 m de profondeur, le CO2 à la température de l'océan profond (<5°C) ne sera pas supercritique, juste liquide...
La majeure partie de ces réponses est tirée du texte qui accompagne la pétition des 604 contre C. Allègre
http://sciences.blogs.liberation.fr/files/allegre6avril-1.pdf
Merci à Libération et à Sciences.blog Libération pour nous avoir donné accès à ces documents.
AH monsieur Allègre à trop marcher sur la glace en mocassin, on finit par chuter!
D'autant plus que vous êtes déjà au bord et que vous semblez faire un pas en avant; Est-ce prémonitoire???